lundi 12 mars 2007

Dans la vallée de l'ombre de la mort

" Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort je ne crains aucun mal car tu es avec moi... Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort je ne crains aucun mal car tu es avec moi ".
Reprenant ces esprits vagabonds aux limites de l'imagination, ces derniers mots résonnèrent une dernières fois alors que son réveil affichait 3:37 du matin... cette ombre omniprésente, cet envahissement soudain, ce rêve étrange... Coralie ne trouvait plus le sommeil depuis des jours... ce fantôme venait hanter ses rêves toutes les nuits jusqu'à l'en tirer, toujours aux environs de la même heure.
Le hasard ? Peu probable... elle donnait une certaine importance aux messages que son subconscient pouvait lui envoyer. La nuit était propice à une remise en état complète et ordonnée du fil de ses pensées.

1 mois s'était écoulé depuis la mort impromptue de Guillaume. Elle savait bien que l'enquête de la police n'avançait pas. Cette dernière filtrait les informations au goutte à goutte, sans rien lâcher. Mais personne n'était dupe. Le caractère étrange de ce meurtre les dépassait largement. Coralie soupira en laissant traîner son regard autour de sa chambre. Son mobilier sobre et design, la décoration qu'affichaient les murs, l'ambiance cosy et chaleureuse lui semblaient à ce moment précis bien dérisoire. Une couche de paraître ridicule face au vide qu'elle ressentait. C'en était presque comique. L'incroyable dédain du tout face à la douleur du manque. Un match perdu d'avance ! Un bref sourire désabusé vînt décorer ses traits. Coralie s'assit sur le bord de son lit et essaya de remettre de l'ordre dans ses idées... Ce rêve qui revenait systématiquement la tirer de son sommeil avait un sens, elle en était certaine. Cette ombre, probablement Guillaume, qui hantait son esprit venait lui transmettre un message.
" Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort je ne crains aucun mal car tu es avec moi ". Coralie connaissait cette citation comme tout le monde sans vraiment savoir d'où elle était tirée. Sans doute un des versets tirés de l'ancien testament. Mais quel sens avait-il ? Ni Guillaume ni elle n'étaient férus de religion. Un avertissement peut-être ?

C'est elle qui avait découvert le corps de son ami alors qu'elle était venu le prendre pour une soirée ciné resto. Les yeux dans le vide elle resta un long moment à songer au souvenir de ce jour. La porte entrouverte elle était entrée dans l'appartement. Le célèbre adagio d'Albinoni que Guillaume faisait souvent tourner sur la platine répandait ses notes avec douceur dans le couloir menant directement au salon. Doucement Coralie s'était avancée jusque dans le salon pour éteindre le tourne disque. Elle avait appelé plusieurs fois, sans réponse. elle s'était donc diriger vers la chambre à coucher. En ouvrant la porte de cette dernière, elle vit la personnification même de l'effroi. Les yeux exorbités, la bouche grande ouverte ayant étouffée un cri muet, les traits complètement déformés par la douleur... la terreur ! Coralie d'habitude stoïque et sûr d'elle même face à toutes les situations s'était effondrée sur place, horrifiée de la vision qu'elle avait devant elle. Le corps de son ami était allongé, étendu sur le dos, les jambes sur la couverture non défaite du lit, le buste et les bras suspendus, tendu et crispés par la détresse...

Elle avait appris plus tard par la police que les causes de la mort n'avait pas été déterminées. Il semblait que Guillaume était mort... de peur !
Coralie sortit de ses pensées. Une larme naissante commençait à grossir au coin de ses yeux pour doucement perler le long de ses joues. Elle ne voulait plus y penser pour cette nuit. Maintenant bien réveillée elle ne s'attendait plus à la visite de morphé. Elle décida d'aller se détendre sous une douche chaude. Rapidement elle sortit de son lit, enfila un peignoir et se dirigea vers la salle de bain adjacente à sa chambre.

Le coup paraissait étonnement bruyant. Elle avait sursauté en l'entendant. Quelqu'un avait frappé à la porte d'entrée. Si fort qu'il lui semblait avoir réveillé tout l'immeuble. Puis à nouveau ce silence soudainement devenu pesant. On frappa à nouveau. Le coup était cette fois beaucoup plus fort. Une peur irrépressible s'insinuait petit à petit dans ses veines... doucement elle se dirigea vers la porte et tourna le verrou. La main tremblante elle commença à baisser la poignée progressivement...

1 commentaire:

Mr sebastien a dit…

Excellente celle-ci. Très cinématographique.